Néanmoins, l’histoire des gènes silencieux n’est pas simple. Il existe toutes sortes de manières de manipuler les boutons volume de notre ADN. D’intenses échanges ont lieu entre les trois acteurs principaux du processus de mise sous silence : la méthylation de l’ADN, les nucléosomes et l’ARN (voir L’explication de Neil). Ces caractéristiques épigénétiques facilitent le dialogue entre l’environnement et notre patrimoine génétique.

Il reste à élucider dans quelle mesure les caractéristiques épigénétiques sont héréditaires mais nous commençons à comprendre comment elles sont mises en œuvre. Si l’on prend comme exemple la méthylation de l’ADN, le tableau peut être le résultat de ce que la mère a mangé pendant sa grossesse. Des expériences sur les souris agouti ont montré que lorsqu’on donne des suppléments nutritionnels riches en méthyle aux souris en gestation, cela a un effet sur le réglage du volume de certains gènes de la progéniture.

La démonstration que les nutriments peuvent affecter directement l’ADN est une information relativement récente. Si nous ne savons pas encore dans quelle mesure notre environnement façonne la mise sous silence des gènes, les preuves s’accumulent pour montrer qu’une perturbation de la méthylation de l’ADN au cours du développement peut engendrer divers problèmes de santé, allant du cancer à la schizophrénie. Sans aucun doute, une des incidences majeures de ces caractéristiques épigénétiques héréditaires est que l’alimentation pourrait avoir une influence sur les gènes de nos enfants et de nos petits-enfants.